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Troubles du sommeil et médecine chinoise à Meyzieu

Troubles du sommeil : que nous dit la médecine traditionnelle chinoise ?

Le 27/08/2026

Dans Yang Sheng

« Je dors mal. » C'est une phrase que j'entends régulièrement au cabinet. Pourtant, derrière ces quelques mots peuvent se cacher des situations très différentes. Certaines personnes mettent longtemps à s'endormir. D'autres s'endorment facilement mais se réveillent plusieurs fois dans la nuit. Certaines se réveillent beaucoup trop tôt, tandis que d'autres dorment huit heures et se lèvent pourtant avec la sensation de ne pas avoir récupéré. En médecine traditionnelle chinoise, ces différences ont leur importance. On ne cherche pas seulement à savoir si une personne dort mal, mais comment elle dort et pourquoi son sommeil est perturbé.

« Je dors mal » : mais de quelle insomnie parle-t-on ?

La manière dont le sommeil est perturbé constitue déjà une première information.

Certaines personnes ont surtout des difficultés à s'endormir. Elles sont fatiguées mais, une fois couchées, le mental reste actif. Les pensées se succèdent et le sommeil tarde à venir.

D'autres s'endorment sans difficulté mais ne parviennent pas à rester endormies. Leur nuit est entrecoupée de réveils fréquents, parfois très courts, parfois suffisamment longs pour rendre le sommeil peu réparateur.

Il existe aussi les réveils précoces : le sommeil s'interrompt bien avant l'heure souhaitée et il devient difficile, voire impossible, de se rendormir.

Enfin, certaines personnes dorment toute la nuit mais ont un sommeil léger, agité, rempli de rêves, ou se réveillent avec la sensation de ne pas avoir réellement récupéré.

Ces différences sont importantes, mais elles ne suffisent jamais, à elles seules, à établir un bilan énergétique.

Elles prennent leur sens lorsqu'on les rapproche de l'ensemble des autres signes : fatigue, digestion, émotions, sensations de chaud ou de froid, transpiration, soif, douleurs… mais aussi l'observation de la langue et la prise des pouls.

C'est cette mise en relation qui permet de comprendre le déséquilibre propre à chaque personne, plutôt que d'associer automatiquement un symptôme à un organe ou à un point.

Le Shen : quand l'Esprit ne trouve plus son repos

Dans la pensée médicale chinoise, le sommeil est étroitement lié au Shen, que l'on traduit souvent par « Esprit ».

Le Shen est associé au Cœur. Lorsque les conditions sont réunies, il peut s'apaiser et le sommeil s'installer naturellement.

Nous connaissons tous ces soirs où le corps est fatigué mais où l'esprit, lui, continue son activité : on repense à sa journée, on anticipe celle du lendemain, les idées s'enchaînent…

Mais dire que l'insomnie correspond à une agitation du Shen ne suffit pas. Il faut encore comprendre pourquoi le Shen ne trouve plus son repos.

Et c'est là que le raisonnement de la médecine traditionnelle chinoise devient intéressant : derrière une même insomnie peuvent se cacher des mécanismes très différents.

L'agitation peut aussi venir d'un vide

On pourrait facilement imaginer qu'un esprit agité traduit nécessairement un excès qu'il faudrait calmer.

Ce n'est pas toujours le cas. Une insomnie peut également apparaître sur un terrain de vide.

Un Sang du Cœur insuffisant peut, par exemple, ne plus nourrir correctement le Shen. Une faiblesse de la Rate peut contribuer à une production insuffisante de Qi et de Sang.

On rencontre également certaines insomnies sur un terrain de Vide de Yin du Rein.

Dans la physiologie chinoise, le Cœur et le Rein entretiennent une relation étroite. L'Eau du Rein et le Feu du Cœur doivent pouvoir maintenir un équilibre. Lorsque le Yin du Rein devient insuffisant, cet équilibre peut être perturbé et le Shen ne trouve plus aussi facilement son repos.

Le sommeil peut alors être entrecoupé de réveils nocturnes et s'accompagner, selon les personnes, de chaleur en soirée ou pendant la nuit, de sueurs nocturnes, d'une bouche ou d'une gorge sèche, d'agitation intérieure ou encore d'une sensibilité des lombes.

Dans ce type de tableau, chercher uniquement à « calmer l'Esprit » serait donc réducteur. Il faut également s'intéresser à la racine du déséquilibre, notamment en nourrissant le Yin et en travaillant sur la relation entre le Cœur et le Rein.

À l'inverse, lorsque la Chaleur ou l'agitation dominent réellement, le principe de traitement sera différent.

C'est pourquoi deux personnes qui viennent consulter pour une insomnie peuvent recevoir des accompagnements très différents.

Il n'existe pas « un point pour dormir »

On trouve facilement des listes de points présentés comme « les points de l'insomnie ».

En pratique, le raisonnement est plus subtil.

Certains points sont effectivement très souvent associés à l'apaisement du Shen.

C7 – Shenmen, dont le nom signifie « Porte du Shen » ou « Porte de l'Esprit », est l'un des grands points utilisés dans ce contexte.

Sur l'oreille, Shenmen auriculaire est également un point fréquemment sollicité pour favoriser l'apaisement.

Mais connaître ces points ne suffit pas à traiter toutes les insomnies de la même façon.

À l'inverse, un point comme E36 – Zusanli, que l'on associerait moins spontanément au sommeil, peut avoir toute sa place dans certains tableaux. En soutenant la Rate et l'Estomac et la production du Qi et du Sang, il peut participer au traitement de la racine lorsqu'une insomnie s'inscrit dans un contexte de déficience.

C7 Shenmen, Shenmen auriculaire, E36 Zusanli… un point ne prend donc réellement son sens qu'à l'intérieur d'une stratégie construite à partir du bilan énergétique.

La question n'est finalement pas seulement : « Quel point utiliser pour dormir ? » mais plutôt : « Qu'est-ce qui empêche le Shen de trouver son repos ? »

C7-shen men

Une approche individualisée du sommeil

C'est pour cette raison que l'interrogatoire occupe une place importante lors d'une consultation.

Comment se passe l'endormissement ? Le sommeil se maintient-il toute la nuit ? Y a-t-il des réveils précoces ? Beaucoup de rêves ? Comment la personne se sent-elle au réveil ?

Puis ces informations sont rapprochées de tout ce qui constitue son terrain : digestion, énergie, émotions, rythme de vie, sensations corporelles, langue et pouls.

Ce n'est qu'ensuite que les techniques sont choisies.

Selon le bilan, l'accompagnement peut notamment faire appel au Tuina, à la stimulation des points d'acupuncture, à la moxibustion, aux ventouses ou à des conseils adaptés à l'alimentation et au mode de vie.

Le choix des techniques vient après la compréhension du déséquilibre, et non l'inverse.

C'est probablement l'un des principes les plus importants de la médecine traditionnelle chinoise : derrière un même symptôme peuvent se cacher des déséquilibres différents et, par conséquent, des stratégies différentes.

Le sommeil en est un très bel exemple.

Cabinet

Cabinet de médecine traditionnelle chinoise à Meyzieu, proche de Lyon, du Nord-Isère et de l'Ain.

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