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Stress et médecine chinoise à Meyzieu : mieux comprendre

Stress : pourquoi ne réagissons-nous pas tous de la même manière ?

Dans Yang Sheng

Nous ne réagissons pas tous de la même manière au stress. Certains le ressentent surtout dans le corps : les épaules se tendent, la nuque devient douloureuse, la mâchoire se serre. Chez d'autres, c'est la digestion qui se dérègle. Et il arrive aussi de se sentir complètement épuisé tout en étant incapable de réellement relâcher. En médecine traditionnelle chinoise, ces différences sont importantes. Le stress n'est pas considéré comme un déséquilibre unique auquel correspondrait un traitement particulier. Ce sont ses manifestations, mais aussi le terrain sur lequel elles apparaissent, qui vont orienter le bilan. Voici trois situations que je rencontre régulièrement au cabinet.

1. Quand la tension s'accumule

Chez certaines personnes, les périodes de stress s'accompagnent surtout de tensions : nuque et épaules contractées, mâchoire serrée, irritabilité, sensation d'oppression ... Il y a aussi un signe auquel on ne pense pas forcément : les soupirs fréquents.

En médecine chinoise, le Foie participe notamment à la libre circulation du Qi. Lorsque cette circulation est entravée, on peut retrouver ce que l'on appelle une surpression du Foie, avec une stagnation du Qi. Le fait de soupirer régulièrement peut faire partie des signes observés dans ce type de tableau. C'est d'ailleurs une information que l'on peut rechercher lors du bilan, au même titre que beaucoup d'autres détails qui, pris isolément, peuvent sembler sans importance.

Mais toute personne stressée ne présente pas pour autant une surpression du Foie. C'est un raccourci assez fréquent lorsque l'on parle de médecine chinoise : associer une émotion ou un symptôme à un organe et en déduire immédiatement le déséquilibre.

En pratique, il faut que plusieurs signes concordent.

Tension nuque

2. Quand le stress se manifeste dans le ventre

D'autres personnes remarquent surtout que leur digestion change pendant les périodes difficiles : ventre noué, ballonnements, appétit perturbé, transit plus irrégulier … La relation entre les émotions et la digestion occupe une place importante dans le raisonnement de la médecine chinoise.

La Rate et l'Estomac interviennent notamment dans la transformation des aliments et dans la production du Qi et du Sang. Leur fonctionnement dépend également de mouvements du Qi qui doivent rester harmonieux. Le Qi de l'Estomac, par exemple, a normalement un mouvement descendant. Lorsque ce mouvement est perturbé, certaines manifestations digestives peuvent apparaître.

Une surpression du Foie peut également venir perturber le fonctionnement de la Rate ou de l'Estomac. C'est l'un des mécanismes que l'on peut rencontrer lorsque les troubles digestifs sont nettement influencés par les émotions. Mais ce n'est pas la seule possibilité. Une Rate déjà affaiblie peut rendre la digestion plus fragile, notamment dans un contexte de fatigue, d'alimentation irrégulière ou de ruminations importantes.

C'est pourquoi il est utile de savoir si les troubles digestifs existaient auparavant, s'ils apparaissent uniquement pendant les périodes de tension, ce qui les améliore ou les aggrave et quels autres signes les accompagnent.

Deux personnes qui constatent toutes les deux que leur ventre réagit au stress peuvent ainsi présenter des tableaux énergétiques différents.

Maux de ventre

3. Quand on est à la fois épuisé et tendu

C'est une situation que l'on rencontre également : après une période de sollicitations prolongées, la fatigue s'installe mais il reste difficile de s'arrêter. La personne manque d'énergie, récupère moins bien, mais continue à penser, anticiper, organiser. Elle peut se sentir plus irritable ou plus sensible et avoir du mal à véritablement relâcher.

On pourrait penser que cette agitation correspond forcément à un excès. En médecine chinoise, ce n'est pas toujours le cas. Un vide peut lui aussi s'accompagner d'agitation.

Prenons l'exemple du Sang.

Dans la physiologie chinoise, le Sang ne nourrit pas seulement le corps. Il participe également à nourrir le Cœur et à offrir au Shen, l'Esprit, les conditions nécessaires à son apaisement.

Lorsque le Sang est insuffisant, la fatigue peut s'accompagner, selon les personnes, d'un sommeil plus fragile, de difficultés de concentration ou de mémoire, d'une plus grande sensibilité émotionnelle, parfois de palpitations ou d'un teint plus pâle. La personne peut donc manquer de ressources tout en ayant du mal à retrouver un véritable apaisement.

D'autres types de vide peuvent bien sûr produire des tableaux différents. Il ne s'agit donc pas de conclure qu'une personne fatiguée présente nécessairement un Vide de Sang.

Mais cette situation permet de comprendre une chose importante : chez quelqu'un qui est déjà épuisé, chercher uniquement à disperser ou à « faire circuler » sous prétexte qu'il est tendu ne sera pas nécessairement adapté. Il peut au contraire être nécessaire de soutenir et de nourrir ce qui est devenu insuffisant.

A bout de ressources

Faire circuler… ou au contraire soutenir ?

C'est finalement ce que montrent ces trois situations : le mot « stress » ne suffit pas pour choisir une stratégie.

Chez une personne, il pourra être pertinent de faire circuler le Qi. Chez une autre, le travail portera davantage sur la Rate et l'Estomac. Et chez une personne déjà épuisée, il pourra au contraire être nécessaire de soutenir ce qui est devenu insuffisant.

Les tableaux sont rarement aussi tranchés. Plusieurs mécanismes peuvent se superposer et évoluer avec le temps. Une surpression peut notamment générer de la Chaleur ou apparaître sur un terrain déjà déficient.

C'est aussi pour cela que les fameux « points anti-stress » que l'on trouve facilement ont leurs limites.

  • F3 – Taichong peut, par exemple, avoir sa place lorsque l'on cherche à favoriser la circulation du Qi du Foie.
  • EC6 – Neiguan pourra être choisi dans d'autres situations, notamment lorsque certaines manifestations d'oppression ou digestives sont présentes.

Mais ce ne sont pas des « boutons anti-stress ».

Lors d'une consultation, je cherche plutôt à comprendre ce qui se passe lorsque la personne est soumise à une période de tension : qu'est-ce qui change dans son sommeil, sa digestion, son énergie, son humeur ou ses sensations corporelles ? L'observation de la langue et la prise des pouls viennent compléter ces informations. Les techniques sont ensuite choisies en fonction du bilan : Tuina, stimulation des points d'acupuncture, moxibustion, ventouses ou conseils adaptés au mode de vie.

Et vous, où ressentez-vous le stress ?

Dans les épaules ? Dans la mâchoire ? Dans le ventre ? Peut-être surtout dans votre sommeil ou votre niveau d'énergie ? ... Nous avons souvent tendance à considérer toutes ces manifestations comme les conséquences d'une même chose : « le stress ». 

La médecine chinoise invite à aller un peu plus loin et à observer la manière dont chacun réagit à ce stress. Car entre celui qui se contracte, celui dont la digestion se dérègle et celui qui continue à tenir alors qu'il est déjà épuisé, le point de départ n'est pas nécessairement le même.

 

Cabinet de médecine traditionnelle chinoise à Meyzieu, proche de Lyon, du Nord-Isère et de l'Ain.

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